dimanche 19 juillet 2026

Les quatre dimensions de l’amour de Dieu (3) La hauteur

Voici le troisième épisode de notre mini-série de l’été, quatre prédications autour du mystère de l’amour de Dieu, tel qu’il est exprimé dans la formule d’Ephésiens 3.18 : 

Ephésiens 3.17b-18
Je demande que vous soyez enracinés et solidement établis dans l'amour ; ainsi vous aurez la force de comprendre, avec tous ceux qui appartiennent à Dieu, combien l'amour du Christ est large et long, haut et profond.

La largeur, et la longueur, et la hauteur, et la profondeur de l’amour de Dieu… Un mystère fascinant qui nous fait pénétrer dans une autre dimension.

Ce matin nous poursuivons notre exploration du mystère des quatre dimensions de l’amour de Dieu, avec la hauteur. 

Nous proposons, dans le cadre de cette série, d’envisager les quatre dimensions de l’amour de Dieu comme une façon possible d’évoquer quatre aspects spécifiques de l’amour de Dieu. Sa largeur nous renvoyait à sa grâce, avec un amour assez large pour accueillir tous les humains. Sa longueur nous renvoyait à l’éternité, avec un amour qui n’a ni commencement ni fin. Qu’en est-il de la hauteur ?

Evidemment, appliquée à Dieu, la hauteur ne peut qu’être importante, et même infinie. Son amour est infiniment haut. Qu’est-ce que ça peut vouloir dire ? 

On peut dire que la hauteur, c’est ce qui nous dépasse. Et plus c’est haut, plus on se sent petit… C’est le sentiment qu’on peut avoir au pied d’un gratte-ciel ou d’une immense montagne, ou peut-être celui d’un sprinteur du Tour de France, au pied d’un col hors-catégorie. 

Pour exprimer la hauteur avec notre corps, sans les mains, quel mouvement pourrions-nous faire ? Le geste le plus naturel serait sans doute de lever les yeux. Et plus la hauteur est grande, plus on lève les yeux… vers le ciel. 

Voilà ce que peut être la hauteur de l’amour de Dieu. C’est un amour qui toujours nous dépasse. Un amour qui nous reste inaccessible, au-delà ce qu’on peut comprendre. 


Un amour qui nous dépasse

Si l’amour dit quelque chose de la nature même de Dieu, puisque Dieu est amour, alors on peut comprendre que son amour est toujours au-delà de notre compréhension. Il nous est impossible de le saisir pleinement, comme il est impossible à nous, créatures finies, de pleinement saisir Dieu qui est infini. 

Ce qui est infiniment haut est inatteignable. L’amour de Dieu, dans toute sa hauteur, nous est inatteignable. Son amour est toujours plus grand que ce qu’on peut en comprendre. Tout ce qu’on pourra dire de Dieu et de son amour sera toujours incomplet, imparfait, limité. La réalité sera toujours au-delà de ce qu’on pourra en dire ou en comprendre. Découvrir la hauteur de l’amour de Dieu, c’est découvrir qu’on ne pourra jamais pleinement le comprendre. 

Comment comprendre qu’un être infini, éternel, puisse non seulement s’intéresser à moi mais m’aimer ? Comment son amour peut-il être personnel et intime à chaque être humain ? Car Dieu n’aime pas seulement l’humanité en général, il aime chacune de ses créatures, individuellement. Ça nous dépasse… 

Comment Dieu peut-il être parfaitement juste et saint, sans aucune complicité avec le mal, haïssant le péché, et en même temps nous aimer tel que nous sommes ? Comment concilier absolue justice et amour absolu de Dieu ? Ça nous dépasse… 

Il ne faut pas s’en étonner… La hauteur infinie de l’amour de Dieu ne peut que nous dépasser ! 


Un amour qui nous invite au ciel

Dans la symbolique biblique, la hauteur renvoie au Ciel, la demeure, ou la sphère de Dieu. Or, on l’a dit, plus la hauteur est grande, plus on lève les yeux vers le ciel… La hauteur de l’amour de Dieu nous oriente vers le ciel. Dieu, dans son amour, nous attire jusqu’à lui.

L’épître aux Ephésiens l’exprime de façon imagée dans cette formule du chapitre 2 :  

Ephésiens 2.6
Dans notre union avec Jésus Christ, Dieu nous a ressuscités avec lui pour nous faire régner avec lui dans les cieux.

Evidemment, le paroxysme de l’amour de Dieu se manifeste à la croix et dans le tombeau vide. La mort et la résurrection de Jésus sont les preuves les plus évidentes de l’amour de Dieu. Un amour si haut que nul n’imaginait qu’il conduirait le Seigneur jusque-là !

La hauteur de l’amour de Dieu se manifeste à la croix. On lève les yeux vers le Christ crucifié, par amour, pour nous. La hauteur de l’amour de Dieu se manifeste dans la résurrection de Jésus, qui se prolonge dans son ascension. Cette fois c’est jusqu’au ciel que nos yeux s’élèvent. 

Et par la foi, nous nous retrouvons ressuscités avec lui, et assis avec lui dans le ciel. La hauteur infinie de l’amour de Dieu nous attire jusqu’à lui. Elle nous fait sortir de nos tombeaux, et nous élève jusque dans sa présence glorieuse. C’est notre espérance !


Les conséquences pour nous de la hauteur infinie de l’amour de Dieu

Je vous propose trois conséquences, pour nous, de l’amour de Dieu dans toute sa hauteur. 

Nous émerveiller

La hauteur de l’amour de Dieu nous invite à l’émerveillement. En réalité, c’est la seule réaction que nous puissions avoir lorsque nous contemplons l’infinie hauteur de l’amour de Dieu. Comme lorsqu’on lève les yeux pour admirer un paysage de montagne majestueux, ou un ciel étoilé. 

Et nous aurions tort de négliger l’importance de l’émerveillement. C’est au contraire une qualité essentielle pour notre foi, qui relève sans doute de ces valeurs enfantines qui qualifient le Royaume de Dieu. Vous savez, cette fameuse parole de Jésus, qui invite à devenir comme des petits enfants pour entrer dans le Royaume de Dieu. Eh bien il me semble que la capacité d’émerveillement fait partie de cette démarche… 

Prendre en compte la hauteur de l’amour de Dieu nous y invite naturellement.

Rester humble

La hauteur de l’amour de Dieu nous invite ensuite à l’humilité, et à reconnaître nos propres limites. Nous nous sentons vraiment tout petits devant la hauteur infinie de l’amour de Dieu. 

L’humilité aussi est une valeur « enfantine » du Royaume de Dieu. C’est savoir qu’on n’est finalement que de petits enfants devant Dieu. Nous sommes dépendants de son amour, comme les petits enfants le sont de l’amour de leurs parents. 

Cette nécessaire humilité nous invite à rester à notre place, celle de créatures dépendantes du Créateur, dans une soumission libre et joyeuse. A cause de l’amour de Dieu. 

De quel droit pourrions-nous prendre la place de Dieu et dire qui est digne de son amour et qui ne l’est pas ?

Prendre un peu de hauteur

La hauteur de l’amour de Dieu nous invite nous-mêmes à prendre un peu de hauteur… 

Il s’agit d’essayer d’adopter la perspective de Dieu, d’élargir notre horizon. C’est au sommet de la montagne que l’horizon est le plus vaste, avec un panorama à 360 degrés. Dans la vallée, l’horizon est limité, voire très limité. 

Il s’agit de sortir de la vallée de nos soucis et de nos peurs pour monter au sommet de notre espérance. C’est l’amour de Dieu qui nous permet de prendre de la hauteur. 

C’est un peu comme si le Seigneur, dans son amour, nous prenait sur ses épaules pour nous faire voir le monde d’en-haut. 

Comprendre la hauteur de l’amour de Dieu, c’est devenir capable de voir les choses d’un peu plus haut, de prendre un peu de hauteur sur les événements, ceux de notre vie personnelle, ceux du monde qui nous entoure.  


Conclusion

Je vous laisse simplement avec ces trois conséquences possibles, pour nous, de la hauteur infinie de l’amour de Dieu : nous émerveiller, rester humble et prendre un peu de hauteur. Laquelle des trois ai-je le plus de mal à vivre ? 

Levons les yeux au ciel et demandons à Dieu de faire grandir en nous ces trois conséquences de son amour, un amour dont la hauteur est infinie. Un amour qui à la fois nous dépasse toujours, et nous élève.