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Deutéronome 4.1-8
1 Moïse dit : Et maintenant, Israélites, écoutez les lois et les règles que je vous enseigne pour que vous leur obéissiez. Ainsi, vous vivrez et vous pourrez posséder le pays que le SEIGNEUR, le Dieu de vos ancêtres, vous donne. 2 N'ajoutez rien aux commandements que je vous communique de la part du SEIGNEUR votre Dieu. N'enlevez rien non plus, mais respectez tous ces commandements. 3 Vous avez vu vous-mêmes ce que le SEIGNEUR votre Dieu a fait dans l'affaire du dieu Baal de Péor. Il a tué tous ceux du peuple qui avaient suivi ce faux dieu. 4 Mais vous, vous êtes restés attachés au SEIGNEUR votre Dieu, et vous êtes tous vivants aujourd'hui.
5 Voyez, je vous enseigne des lois et des règles, comme le SEIGNEUR mon Dieu me l'a ordonné. Quand vous serez entrés dans le pays que vous allez posséder, obéissez à ces lois et à ces règles. 6 Si vous les gardez et si vous leur obéissez, les autres peuples vous trouveront sages et intelligents. En effet, quand ils connaîtront toutes ces lois ils diront :
« Quelle sagesse, quelle intelligence il y a dans ce grand peuple ! » 7 Chaque fois que nous appelons à l'aide le SEIGNEUR notre Dieu, il est vraiment proche de nous. Est-ce qu'il y a un autre peuple, même parmi les plus grands, qui a des dieux aussi proches ? 8 L'enseignement que je vous présente aujourd'hui contient des lois et des règles très justes. Est-ce qu'il y a un autre peuple, même parmi les plus grands, qui a des lois et des règles aussi justes ?
Je suis un petit peu actif sur les réseaux sociaux... Et j'avoue que quand j'écris un post sur facebook ou twitter, je me demande toujours si je vais avoir beaucoup de like et qui va me retweeter. Et je regarde régulièrement, sur mon ordinateur ou mon smartphone, si j'ai de nouvelles notifications. Rassurez-vous, ce n'est pas une obsession, ce n'est pas ma raison de vivre. Je ne suis pas accroc. Enfin pas complètement... Les réseaux sociaux accentuent, sans doute à l'excès, cette course à l'approbation... ou à la provocation.
Je ne sais pas comment vous vous situez par rapport au regard des autres, quelle importance vous donnez à l'opinion que les gens ont de vous. Mais ne me dites pas : "je me fiche pas mal de ce que les gens pensent de moi." J'aurais vraiment du mal à le croire...On vit tous, au moins en partie, à travers le regard des autres.On a tous besoin du regard approbateur, au moins de ceux qu'on aime... et sans doute plus largement encore.
D'ailleurs, en tant que croyant, il me paraît tout à fait légitime de nous soucier de ce que les gens pensent de nous. C'est une question de témoignage : notre vie, notre comportement, nos paroles peuvent être des obstacles ou au contraires des atouts dans notre témoignage au nom de l'Evangile. Alors ce qu'ils pensent de nous compte dans cette perspective !
C'est cette corde sensible de la réputation que Moïse fait vibrer dans notre texte : "Si vous gardez (ces commandements) et si vous leur obéissez, les autres peuples vous trouveront sages et intelligents. En effet, quand ils connaîtront toutes ces lois ils diront : « Quelle sagesse, quelle intelligence il y a dans ce grand peuple ! »" (v.6)
Et là je me demande, si on transpose ce verset dans notre cas, retrouverait-on la même approbation ? Quelle sagesse, quelle intelligence chez ce croyant, cette croyante ! Quelle sagesse, quelle intelligence il y a dans cette Eglise ! Est-ce vraiment cela que les gens disent de nous ?
Evidemment, on pourrait aussi s'étonner de l'importance que Moïse donne au regard des autres peuples... Le plus important n'est-il pas d'avoir l'aprobation de Dieu, parfois au détriment de l'approbation des autres ? Ne faut-il pas préférer l'approbation de Dieu à celle des hommes ?
Voilà la question que nous pose ce texte : faut-il forcément mettre en tension, voire en opposition, l'approbation de Dieu et celle des hommes ?
L'approbation de Dieu, d'abord
Il faut bien-sûr le dire : l'approbation de Dieu est première. Les commandements dont parle Moïse viennent de lui, ce sont ses promesses qui y sont associées. Et Moïse rappelle un épisode douloureux de l'histoire des Hébreux, avec l'affaire du Baal de Péor. Cet épisode, relaté dans le livre des Nombres (Nb 25.1-15), évoque comment les Israélites se sont laissés entraînés à la débauche et à l'idolâtrie, et comment le jugement de Dieu s'est abattu sur son peuple tombé dans le chaos. Cet épisode qui a fait des miliers de morts rappelle l'importance de la loyauté au Seigneur. Car l'idolâtrie, c'est un problème de loyauté, qui entraîne la désapprobation de Dieu.
L'approbation de Dieu, c'est donc la priorité absolue. Et le moyen d'avoir l'approbation de Dieu se trouve dans l'obéissance à ses commandements. A tous les commandements. "N'ajoutez rien aux commandements que je vous communique de la part du SEIGNEUR votre Dieu. N'enlevez rien non plus, mais respectez tous ces commandements." (v.2)
Et ne faisons pas le raccourci de dire trop vite : "ça c'était l'Ancien Testament, maintenant c'est différent". Jésus a dit explicitement qu'il n'était pas venu abolir la Loi mais l'accomplir. Il a dit clairement que pas un seul trait de lettre de la Loi ne devait disparaître. L'amour pour Dieu et l'amour du prochain que Jésus place au sommet de la Loi ne remplacent pas les commandements de l'Ancien Testament, ils les accomplissent.
Le problème, ce ne sont pas les commandements de Dieu, c'est ce que nous en faisons. Toute une partie du Sermon sur la Montagne montre comment Jésus cherche à "rectifier le tir", corriger ce que les chefs religieux ont fait des commandements de Dieu, en les développant, ou en les tordant, ou en les restreignant... pour revenir au coeur de la loi. Et Jésus montre qu'il ne s'agit pas d'avoir une obéissance servile, sans réflexion, mais une obéissance à ses principes de vie. C'est la distinction entre la lettre et l'esprit, pour utiliser le langage de l'apôtre Paul.
Ce qui a changé, c'est qu'on ne cherche plus dans l'obéissance aux commandements une voie de salut. Le salut nous est acquis par le sacrifice de Jésus-Christ qui, lui, a parfaitement accompli la Loi. Mais aujourd'hui comme hier, le croyant est appelé sans cesse à se demander ce que Dieu attend de lui, comment lui faire plaisir. A chercher l'approbation de Dieu, d'abord.
Une bonne réputation réputation, aussi
Pour autant, cela signifie-t-il que l'approbation des hommes n'a aucune importance ? Certainement pas. On l'a dit, il y a là un enjeu pour le témoignage. Notre réputation, le regard que les autres posent sur nous, peuvent nous ouvrir ou nous fermer des portes dans notre témoignage à l'Evangile.
D'ailleurs, dans le Nouveau Testament, la "bonne réputation", y compris parmi les non croyants, est même perçue parfois comme une qualité spirituelle. Ne la trouve-t-on pas dans la liste des qualités requises pour les responsables d'Eglise ? 1 Timothée 3.7 : "Il faut aussi que ceux du dehors lui rendent un beau témoignage..." (Nouvelle Bible Segond) ou comme le traduit la version Parole de Vie : "Il faut aussi que les non-chrétiens pensent du bien de ce responsable." Et dans le portrait de la première Eglise, à Jérusalem, au lendemain de la Pentecôte, le livre des Actes des apôtres dit des chrétiens qu'il "louaient Dieu et avaient la faveur de tout le peuple" (Actes 2.42).
Demandons-nous toujours, quand on nous accuse d'être moralisateurs, réactionnaires, coincés, rabat-joie, présomptueux, etc... si ce n'est pas vrai, au moins en partie ! Ce n'est pas forcément le cas... mais, honnêtement, est-ce que ça ne peut pas l'être un peu quand même, parfois ? La Parole de Dieu est une parole de vie qui libère. Et un croyant qui vit selon les principes de Dieu devrait être un croyant qui donne envie de croire ! Et je ne suis pas sûr que ce soit toujours l'image que nous renvoyons du chrétien ou de l'Eglise...
Avoir une bonne réputation auprès des non-croyants ne doit certainement pas être notre but ultime. Sinon on peut s'exposer à de fâcheuses compromissions. Par souci de fidélité à Dieu, on peut être amené à écorner un peu notre image auprès des non-croyants. Mais si on veut être pertinents dans notre témoignage, accessibles à nos contemporains, capables d'aimer notre prochain comme nous-mêmes, alors la façon dont les autres nous voient est importante.
Arrêtons de voir les commandements de Dieu comme des prescriptions qui nous mettront toujours en porte à faux avec les non-croyants. Ça peut arriver, bien-sûr. Mais l'amour du prochain, qui est au coeur de la Loi, le respect de la vie, le souci des plus faibles, l'écoute, le service, la solidarité qui s'expriment dans de si nombreux commandements bibliques, surtout quand ils sont vécus comme Jésus les a vécus, croyez-moi, c'est reconnu et apprécié par nos contemporains ! Mais il faut que nous les vivions vraiment !
Conclusion
Faut-il donc forcément mettre en tension, voire en opposition, l'approbation de Dieu et celle des hommes ? Dans certains cas, oui, évidemment. On en a des exemples dans l'histoire biblique et dans toute l'histoire de l'Eglise, jusqu'à aujourd'hui. Si pour être approuvé des autorités d'un pays il faut renier sa foi chrétienne, alors clairement l'approbation de Dieu est plus importante que l'approbation des hommes !
Mais bien souvent, nous n'avons pas à les opposer. En particulier dans un pays comme le nôtre... Et le premier adversaire qui nous met au défi de la fidélité à Dieu n'est pas la plupart du temps l'autre qui ne partage pas ma foi, mais plutôt moi-même, dans ma difficulté à vivre pleinement les commandements de Dieu à l'image de Jésus-Christ.
Le croyant ne vit pas sa vie chrétienne seul devant son Dieu, il la vit avec des frères et soeurs en Christ, et en relation avec son prochain, quel qu'il soit. Et pour que ces relations soient fécondes, porteuses de foi, d'espérance et d'amour, il faut bien aussi se préoccuper de ce que les autres pensent de nous. D'autant que, parfois, cela permet aussi de mettre en lumière chez nous des travers qu'il nous faut bel et bien corriger.
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dimanche 2 septembre 2018
dimanche 13 août 2017
Réhabiliter Zachée !
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Luc 19.1-10
1 Jésus entre dans Jéricho et il traverse la ville. 2 Là, il y a un homme appelé Zachée. C'est le chef des employés des impôts. Il est riche. 3 Il cherche à voir qui est Jésus, mais il ne le peut pas. En effet, il y a beaucoup de monde et Zachée est petit. 4 Il court devant et il monte sur un arbre pour voir Jésus qui va passer par là. 5 Quand Jésus arrive à cet endroit, il lève les yeux et il dit à Zachée : « Zachée, descends vite ! Aujourd'hui, je dois m'arrêter chez toi ! »
6 Alors Zachée descend vite et il reçoit Jésus avec joie. 7 Tous ceux qui voient cela critiquent Jésus et disent : « Voilà que Jésus s'arrête chez un pécheur ! »
8 Mais Zachée, debout, dit au Seigneur : « Écoute, Seigneur ! Je donne la moitié de mes richesses aux pauvres. Et si j'ai pris trop d'argent à quelqu'un, je lui rend quatre fois plus ! » 9 Alors Jésus lui dit : « Aujourd'hui, le salut est venu dans cette maison. Oui, Zachée aussi est de la famille d'Abraham ! 10 En effet, le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »
Le regard traditionnel sur Zachée voit en lui un méchant collecteur de taxes, malhonnête, qui a besoin de se repentir, de changer de vie, pour être sauvé. On voit alors dans sa rencontre avec Jésus l'occasion pour lui de se convertir : c'est à ce moment-là qu'il décide de réparer ses torts et de rembourser généreusement ceux qu'il a extorqué. Alors Jésus affirme qu'il est sauvé !
Sauf que ce n'est pas forcément ce que dit le texte... Malgré la traduction de certaines versions françaises, au verset 8, Zachée ne parle pas au futur. Il ne dit pas : « Désormais je vais donner la moitié de mes richesses aux pauvres et je vais rembourser au quadruple celui à qui j'ai pris trop d'argent. ». Il dit : « Ecoute, Seigneur ! Je donne la moitié de mes richesses aux pauvres et si j'ai pris trop d'argent à quelqu'un, je lui rend quatre fois plus ! ». Il ne dit pas ce qu'il va désormais faire mais ce qu'il fait déjà.
En fait, c'est comme s'il disait à Jésus : « Tu sais, je ne suis pas comme ce que les gens disent de moi. Je ne mérite pas ma réputation... » Car d'où vient la réputation de Zachée ? De ce que disent les foules de lui : « Voilà que Jésus s'arrête chez un pécheur ! » Tout est dit : Zachée est un collecteur de taxes, donc c'est un pécheur !
Il faut dire que les collecteurs d'impôts n'avaient pas bonne réputation. Ils étaient la figure même du collaborateur à la solde de l'occupant romain : ils collectaient les taxes pour l'envahisseur. Et ils avaient souvent tendance à s'en mettre un peu dans les poches au passage... Qu'est-ce qu'on disait alors des collecteurs de taxes ? Ils sont tous pourris !
Jésus, lui, a une toute autre attitude puisqu'il dit à Zachée qu'il veut manger chez lui. Qu'est-ce qui l'a décidé à le faire ? Peut-être le fait de le voir, ainsi, monter sur un arbre à son passage. Une attitude qui n'est pas très digne d'un homme de son statut social... et qui traduit surtout son ardent désir de rencontrer Jésus. Peut-être Jésus a-t-il vu que Zachée n'était pas un collecteur de taxes comme les autres.
Car, il faut le dire, Jésus ne se laissait pas enfermer dans les a priori sur les gens. Ce n'est pas la première fois qu'il approchait un collecteur de taxes. Il a même appelé l'un d'eux à devenir son disciple et il l'a ensuite choisi pour faire partie des 12 apôtres. Il s'agit de Matthieu (appelé Lévi). Jésus mangeait aussi avec les collecteurs de taxes, comme avec tous ceux qu'on rejetait ou qu'on considérait comme pécheur. Les évangiles nous disent même que plusieurs suivaient Jésus.
Jean le baptiste, lui aussi, a vu des collecteurs de taxes venir à lui. Et lui non plus ne les a pas chassés. Il leur disait seulement d'être intègre dans leur tâche :
« Des collecteurs des taxes aussi vinrent pour recevoir le baptême ; ils lui demandèrent : Maître, que devons-nous faire ? Il leur dit : N'exigez rien au-delà de ce qui vous a été ordonné. » (Luc 3.12-13)
Et si Zachée avait reçu le baptême de Jean ? On n'en sait rien, évidemment, mais pourquoi pas ? Ca expliquerait son attitude intègre, peut-être même suite à son baptême. Ca expliquerait aussi son désir de rencontrer Jésus : Jean-Baptiste n'avait-il pas annoncé que le Messie allait venir à sa suite ?
Ce sont, bien-sûr, des conjectures. Mais ce qui est sûr, c'est que le texte de l'évangile laisse bien entendre que Zachée avait déjà une attitude intègre avant de rencontrer Jésus. Tous les collecteurs de taxes n'étaient donc pas des pourris ! Mais les foules n'étaient pas capables de le voir, semble-t-il...
Jésus, lui, non seulement décide d'aller manger chez Zachée mais il ne lui fait aucun reproche, il ne lui demande même pas de changer d'attitude. Il accueille au contraire ce que Zachée dit de son intégrité avec joie : « Aujourd'hui le salut est venu dans cette maison ! » De plus, il le réhabilite aux yeux de tous : « Zachée aussi est de la famille d'Abraham ! »
La conclusion du récit : « le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » s'adresse donc peut-être moins à Zachée qu'à ceux qui le jugeaient... « Ne jugez pas afin de ne pas être jugés ! »
Les leçons de cet épisode
Je vous propose de tirer des leçons de ce récit non pas en se demandant s'il faut ou pas agir comme Zachée mais en considérant l'attitude de ceux qui entourent Zachée. Et dans ce cas, je crois qu'on peut dire que nous devons prendre exemple sur Jésus et considérer la foule comme un contre-exemple à ne pas suivre :
La foule juge et enferme Zachée dans ses a priori : c'est un collecteur de taxe donc c'est un pécheur !
Jésus accueille Zachée tel qu'il est et sait le reconnaître à sa juste valeur : c'est un fils d'Abraham !
Toute l'histoire de Zachée est résumée par ces deux affirmations : c'est un pécheur ou c'est un fils d'Abraham.
Pour la foule, Zachée est un pécheur !
Pour la foule, dire de Zachée « c'est un pécheur », c'est l'enfermer dans une catégorie. Les pécheurs, ce sont les gens à ne pas fréquenter. Ce sont les infidèles, les impurs, les gens de mauvaise vie. Pour la foule, Zachée est de ceux-là. Il est déjà jugé ! Victime des a priori.
Nous avons tous des a priori sur les gens. Mais il faut prendre conscience qu'ils sont autant de prisons qui enferment les autres... et nous-mêmes.
Ne souffrons-nous pas lorsque nous sommes victime d'a priori ? Je suis sûr qu'en tant que chrétien, peut-être plus encore en tant que protestant évangélique, vous avez déjà été confronté à des a priori des gens à votre égard. Convaincus que les chrétiens c'est comme ça, ils pensent ceci et ne font pas cela. Et ce n'est pas agréable...
Mais nous avons aussi nos a priori sur les autres. Regardez autour de vous. Que pensez-vous des gens que vous voyez ? Que savez-vous vraiment d'eux ? Quelle est la part d'a priori dans votre jugement sur eux ? Avez-vous déjà collé une étiquette sur leur front ?
Pour sortir de nos a priori, il y a deux règles d'or :
- Il faut se méfier des apparences.
- Il faut rejeter les étiquettes.
Les apparences sont trompeuses. La première impression que vous avez de quelqu'un est très rarement conforme à la réalité. Et pourtant, on en reste si souvent à cette première impression... Passez du temps avec quelqu'un, apprenez à le connaître vraiment et vous découvrirez quelqu'un d'autre. En bien ou en mal d'ailleurs...
Il faut rejeter les étiquettes. C'est pourtant tellement facile. On classe les gens en catégories et on les y enferme. Les politiciens. Les artistes. Les patrons. Les pasteurs (!) Ou alors les non-chrétiens. Les « gens du monde ». Ou même les catholiques. Les pentecôtistes... Et derrière ces étiquettes, on met en gros tout le monde dans le même panier.
Mais enfermer l'autre dans ses a priori, c'est refuser de le rencontrer tel qu'il est ! Et c'est, d'une certaine manière, le juger...
Pour Jésus, Zachée est un fils d'Abraham !
Pour Jésus, dire « c'est un fils d'Abraham », c'est reconnaître en Zachée un frère, un homme de foi. Et le dire publiquement, c'est inviter les autres à faire de même et changer de regard sur lui.
Jésus, lui, savait reconnaître la vraie valeur des gens et ne pas se laisser piéger par les apparences ou la réputation. Alors bien-sûr, on n'arrivera jamais à être comme Jésus. Il n'empêche, Jésus n'allait pas tout seul voir Zachée et les gens de mauvaise réputation qu'il n'hésitait pas à rencontrer. Il emmenait ses disciples avec lui ! N'est-ce pas aussi pour leur montrer l'exemple et les inviter à faire de même ?
N'y a-t-il pas pour nous un défi à accueillir comme Jésus accueille, à regarder comme Jésus regarde ? N'est-ce pas ainsi que nous pourrons glorifier Dieu dans nos relations ?
« Accueillez-vous les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu. » (Romains 15.7)
Sommes-nous prêts à changer notre regard ?
Sommes-nous prêts à aller au-delà des apparences et des réputations ? A aller vraiment à la rencontre des autres, à nous laisser surprendre par eux ?
Sommes-nous prêts à croire que les gens peuvent changer ou les enfermons-nous à tout jamais dans des a priori, incapable de retirer l'étiquette que nous avons collé sur leur front ?
Conclusion
L'histoire de Zachée est donc peut-être moins l'histoire d'un pécheur qui se repent que d'un homme victime de sa réputation. Nous sommes comme la foule, victimes de nos a priori. Et l'accueil du Christ nous invite à changer notre regard. Non seulement sur Zachée, mais aussi sur notre prochain !
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Luc 19.1-10
1 Jésus entre dans Jéricho et il traverse la ville. 2 Là, il y a un homme appelé Zachée. C'est le chef des employés des impôts. Il est riche. 3 Il cherche à voir qui est Jésus, mais il ne le peut pas. En effet, il y a beaucoup de monde et Zachée est petit. 4 Il court devant et il monte sur un arbre pour voir Jésus qui va passer par là. 5 Quand Jésus arrive à cet endroit, il lève les yeux et il dit à Zachée : « Zachée, descends vite ! Aujourd'hui, je dois m'arrêter chez toi ! »
6 Alors Zachée descend vite et il reçoit Jésus avec joie. 7 Tous ceux qui voient cela critiquent Jésus et disent : « Voilà que Jésus s'arrête chez un pécheur ! »
8 Mais Zachée, debout, dit au Seigneur : « Écoute, Seigneur ! Je donne la moitié de mes richesses aux pauvres. Et si j'ai pris trop d'argent à quelqu'un, je lui rend quatre fois plus ! » 9 Alors Jésus lui dit : « Aujourd'hui, le salut est venu dans cette maison. Oui, Zachée aussi est de la famille d'Abraham ! 10 En effet, le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »
Le regard traditionnel sur Zachée voit en lui un méchant collecteur de taxes, malhonnête, qui a besoin de se repentir, de changer de vie, pour être sauvé. On voit alors dans sa rencontre avec Jésus l'occasion pour lui de se convertir : c'est à ce moment-là qu'il décide de réparer ses torts et de rembourser généreusement ceux qu'il a extorqué. Alors Jésus affirme qu'il est sauvé !
Sauf que ce n'est pas forcément ce que dit le texte... Malgré la traduction de certaines versions françaises, au verset 8, Zachée ne parle pas au futur. Il ne dit pas : « Désormais je vais donner la moitié de mes richesses aux pauvres et je vais rembourser au quadruple celui à qui j'ai pris trop d'argent. ». Il dit : « Ecoute, Seigneur ! Je donne la moitié de mes richesses aux pauvres et si j'ai pris trop d'argent à quelqu'un, je lui rend quatre fois plus ! ». Il ne dit pas ce qu'il va désormais faire mais ce qu'il fait déjà.
En fait, c'est comme s'il disait à Jésus : « Tu sais, je ne suis pas comme ce que les gens disent de moi. Je ne mérite pas ma réputation... » Car d'où vient la réputation de Zachée ? De ce que disent les foules de lui : « Voilà que Jésus s'arrête chez un pécheur ! » Tout est dit : Zachée est un collecteur de taxes, donc c'est un pécheur !
Il faut dire que les collecteurs d'impôts n'avaient pas bonne réputation. Ils étaient la figure même du collaborateur à la solde de l'occupant romain : ils collectaient les taxes pour l'envahisseur. Et ils avaient souvent tendance à s'en mettre un peu dans les poches au passage... Qu'est-ce qu'on disait alors des collecteurs de taxes ? Ils sont tous pourris !
Jésus, lui, a une toute autre attitude puisqu'il dit à Zachée qu'il veut manger chez lui. Qu'est-ce qui l'a décidé à le faire ? Peut-être le fait de le voir, ainsi, monter sur un arbre à son passage. Une attitude qui n'est pas très digne d'un homme de son statut social... et qui traduit surtout son ardent désir de rencontrer Jésus. Peut-être Jésus a-t-il vu que Zachée n'était pas un collecteur de taxes comme les autres.
Car, il faut le dire, Jésus ne se laissait pas enfermer dans les a priori sur les gens. Ce n'est pas la première fois qu'il approchait un collecteur de taxes. Il a même appelé l'un d'eux à devenir son disciple et il l'a ensuite choisi pour faire partie des 12 apôtres. Il s'agit de Matthieu (appelé Lévi). Jésus mangeait aussi avec les collecteurs de taxes, comme avec tous ceux qu'on rejetait ou qu'on considérait comme pécheur. Les évangiles nous disent même que plusieurs suivaient Jésus.
Jean le baptiste, lui aussi, a vu des collecteurs de taxes venir à lui. Et lui non plus ne les a pas chassés. Il leur disait seulement d'être intègre dans leur tâche :
« Des collecteurs des taxes aussi vinrent pour recevoir le baptême ; ils lui demandèrent : Maître, que devons-nous faire ? Il leur dit : N'exigez rien au-delà de ce qui vous a été ordonné. » (Luc 3.12-13)
Et si Zachée avait reçu le baptême de Jean ? On n'en sait rien, évidemment, mais pourquoi pas ? Ca expliquerait son attitude intègre, peut-être même suite à son baptême. Ca expliquerait aussi son désir de rencontrer Jésus : Jean-Baptiste n'avait-il pas annoncé que le Messie allait venir à sa suite ?
Ce sont, bien-sûr, des conjectures. Mais ce qui est sûr, c'est que le texte de l'évangile laisse bien entendre que Zachée avait déjà une attitude intègre avant de rencontrer Jésus. Tous les collecteurs de taxes n'étaient donc pas des pourris ! Mais les foules n'étaient pas capables de le voir, semble-t-il...
Jésus, lui, non seulement décide d'aller manger chez Zachée mais il ne lui fait aucun reproche, il ne lui demande même pas de changer d'attitude. Il accueille au contraire ce que Zachée dit de son intégrité avec joie : « Aujourd'hui le salut est venu dans cette maison ! » De plus, il le réhabilite aux yeux de tous : « Zachée aussi est de la famille d'Abraham ! »
La conclusion du récit : « le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » s'adresse donc peut-être moins à Zachée qu'à ceux qui le jugeaient... « Ne jugez pas afin de ne pas être jugés ! »
Les leçons de cet épisode
Je vous propose de tirer des leçons de ce récit non pas en se demandant s'il faut ou pas agir comme Zachée mais en considérant l'attitude de ceux qui entourent Zachée. Et dans ce cas, je crois qu'on peut dire que nous devons prendre exemple sur Jésus et considérer la foule comme un contre-exemple à ne pas suivre :
La foule juge et enferme Zachée dans ses a priori : c'est un collecteur de taxe donc c'est un pécheur !
Jésus accueille Zachée tel qu'il est et sait le reconnaître à sa juste valeur : c'est un fils d'Abraham !
Toute l'histoire de Zachée est résumée par ces deux affirmations : c'est un pécheur ou c'est un fils d'Abraham.
Pour la foule, Zachée est un pécheur !
Pour la foule, dire de Zachée « c'est un pécheur », c'est l'enfermer dans une catégorie. Les pécheurs, ce sont les gens à ne pas fréquenter. Ce sont les infidèles, les impurs, les gens de mauvaise vie. Pour la foule, Zachée est de ceux-là. Il est déjà jugé ! Victime des a priori.
Nous avons tous des a priori sur les gens. Mais il faut prendre conscience qu'ils sont autant de prisons qui enferment les autres... et nous-mêmes.
Ne souffrons-nous pas lorsque nous sommes victime d'a priori ? Je suis sûr qu'en tant que chrétien, peut-être plus encore en tant que protestant évangélique, vous avez déjà été confronté à des a priori des gens à votre égard. Convaincus que les chrétiens c'est comme ça, ils pensent ceci et ne font pas cela. Et ce n'est pas agréable...
Mais nous avons aussi nos a priori sur les autres. Regardez autour de vous. Que pensez-vous des gens que vous voyez ? Que savez-vous vraiment d'eux ? Quelle est la part d'a priori dans votre jugement sur eux ? Avez-vous déjà collé une étiquette sur leur front ?
Pour sortir de nos a priori, il y a deux règles d'or :
- Il faut se méfier des apparences.
- Il faut rejeter les étiquettes.
Les apparences sont trompeuses. La première impression que vous avez de quelqu'un est très rarement conforme à la réalité. Et pourtant, on en reste si souvent à cette première impression... Passez du temps avec quelqu'un, apprenez à le connaître vraiment et vous découvrirez quelqu'un d'autre. En bien ou en mal d'ailleurs...
Il faut rejeter les étiquettes. C'est pourtant tellement facile. On classe les gens en catégories et on les y enferme. Les politiciens. Les artistes. Les patrons. Les pasteurs (!) Ou alors les non-chrétiens. Les « gens du monde ». Ou même les catholiques. Les pentecôtistes... Et derrière ces étiquettes, on met en gros tout le monde dans le même panier.
Mais enfermer l'autre dans ses a priori, c'est refuser de le rencontrer tel qu'il est ! Et c'est, d'une certaine manière, le juger...
Pour Jésus, Zachée est un fils d'Abraham !
Pour Jésus, dire « c'est un fils d'Abraham », c'est reconnaître en Zachée un frère, un homme de foi. Et le dire publiquement, c'est inviter les autres à faire de même et changer de regard sur lui.
Jésus, lui, savait reconnaître la vraie valeur des gens et ne pas se laisser piéger par les apparences ou la réputation. Alors bien-sûr, on n'arrivera jamais à être comme Jésus. Il n'empêche, Jésus n'allait pas tout seul voir Zachée et les gens de mauvaise réputation qu'il n'hésitait pas à rencontrer. Il emmenait ses disciples avec lui ! N'est-ce pas aussi pour leur montrer l'exemple et les inviter à faire de même ?
N'y a-t-il pas pour nous un défi à accueillir comme Jésus accueille, à regarder comme Jésus regarde ? N'est-ce pas ainsi que nous pourrons glorifier Dieu dans nos relations ?
« Accueillez-vous les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu. » (Romains 15.7)
Sommes-nous prêts à changer notre regard ?
Sommes-nous prêts à aller au-delà des apparences et des réputations ? A aller vraiment à la rencontre des autres, à nous laisser surprendre par eux ?
Sommes-nous prêts à croire que les gens peuvent changer ou les enfermons-nous à tout jamais dans des a priori, incapable de retirer l'étiquette que nous avons collé sur leur front ?
Conclusion
L'histoire de Zachée est donc peut-être moins l'histoire d'un pécheur qui se repent que d'un homme victime de sa réputation. Nous sommes comme la foule, victimes de nos a priori. Et l'accueil du Christ nous invite à changer notre regard. Non seulement sur Zachée, mais aussi sur notre prochain !
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