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dimanche 12 janvier 2025

Dieu est au-dessus de tout cela…

 

Commençons l'année avec les Psaumes ! C'est la mini-série de prédication qui est proposée pour les trois premiers dimanches de janvier. Pour la deuxième prédication, nous lisons le Psaume 2 !

Psaume 2
1Les peuples s'agitent, mais pourquoi ?
Les pays complotent, mais c'est en vain !
2Les rois de la terre se préparent au combat,
les princes se concertent contre le Seigneur
et contre le roi qu'il a mis à part.
3« Rompons les liens qu'ils nous imposent, disent-ils,
rejetons leur domination ! »
4Mais le Seigneur se met à rire,
celui qui siège dans les cieux se moque d'eux.
5Puis il s'adresse à eux avec colère,
il les terrifie par son indignation :
6« À Sion, la montagne qui m'appartient, dit-il,
j'ai mis à part le roi que j'ai choisi. »
7Laissez-moi citer le décret du Seigneur ;
il m'a déclaré : « C'est toi qui es mon fils.
Aujourd'hui, je t'ai fait naître.
8Demande-moi tous les pays,
je te les donnerai en propriété ;
ton domaine s'étendra jusqu'au bout du monde.
9Tu les maîtriseras avec une autorité de fer,
tu les briseras comme un pot d'argile. »
10Eh bien, vous les rois, montrez-vous intelligents !
Laissez-vous avertir, souverains de la terre.
11-12Servez le Seigneur en reconnaissant qu'il est Dieu,
poussez des cris d'enthousiasme, tout en tremblant,
de peur qu'il ne se fâche et que votre projet ne vous perde,
car sa colère s'enflamme soudainement.
Heureux tous ceux qui trouvent refuge en lui !

Si le Psaume 1 était atypique en se présentant non comme une prière mais comme une béatitude, le Psaume 2 l’est aussi à sa manière. Ce n’est pas vraiment une prière non plus puisque le Psaume ne s’adresse pas à Dieu. Il parle de lui à la troisième personne : « les princes se concertent contre le Seigneur » (v.2), « le Seigneur se met à rire » (v.4), « Laissez-moi citer le décret du Seigneur » (v.7). Et il se termine par un appel adressé aux rois de la terre à servir le Seigneur. 

Le thème central du Psaume 2 est sans doute la souveraineté de Dieu sur tous les peuples et leurs dirigeants. C’est ce qui ressort bien de l’appel final à servir le Seigneur en reconnaissant qu’il est Dieu. 

Or, une autre particularité de ce Psaume est qu’il est cité dans le Nouveau Testament et appliqué, pour certaines de ses paroles, à Jésus-Christ. Il me semble être un bon exemple de ce que peut être une lecture à plusieurs niveaux d’un texte biblique. Si le thème central du Psaume reste le même, ce Psaume s’entend différemment lorsqu’on le lit dans le contexte de l’Ancien Testament, dans celui du Nouveau Testament, et sans doute aussi dans notre contexte aujourd’hui. C’est ce que je vous propose d’explorer. 


Un chant de combat et de résistance

Dans le contexte de l’Ancien Testament, ce Psaume est un chant de combat et de résistance. La souveraineté de Dieu est proclamée face aux peuples menaçants, autour du peuple d’Israël d’alors. L’agitation dont il est question dans les premiers versets du Psaume est celle de ces peuples voisins d’Israël ou de Juda, qui s’agitent et en veulent au peuple d’Israël et à son roi. C’est de lui qu’il est question lorsqu’on parle de celui qui est mis à part par Dieu, littéralement qui est l’oint du Seigneur. En arrière-plan ici, il y a la promesse de Dieu faite à David, lorsqu’il a affirmé qu’il aurait toujours un descendant sur le trône. 

C’est ce contexte qui donne un aspect un peu guerrier à ce Psaume, avec un Dieu menaçant, même s’il se termine par une large invitation à servir le Seigneur, et même par une béatitude à la portée universelle : « Heureux tous ceux qui trouvent refuge en lui ! »

Dans ce contexte, affirmer la souveraineté de Dieu sur tous les peuples est une source d’espérance, qui s’appuie sur les promesses de Dieu. Elle vise à rassurer, à donner la paix dans un contexte hostile et menaçant. 

L’affirmation de la souveraineté de Dieu reste essentielle aujourd’hui, face à toutes les agitations et les menaces de notre monde. Elle permet au croyant de trouver la paix dans un monde agité et troublé, où les sujets d’inquiétude ne manquent pas. 

Certes, dans le Psaume 2, les nations s’agitent contre Dieu… Dans le contexte de l’Ancien Testament, porter atteinte au peuple de Dieu, c’est porter atteinte à Dieu lui-même. Mais ne peut-on pas dire aujourd’hui, plus largement, que porter atteinte à tout être humain, créé à l’image de Dieu, c’est aussi porter atteinte au Créateur ? Toutes les haines et les violences qui agitent notre monde – parfois au nom de Dieu lui-même ! – tout ce qui opprime, persécute, humilie, détruit les êtres humains est une atteinte au Créateur. 


Un Psaume messianique

Cet élargissement de la portée du Psaume me paraît être aussi une conséquence de la perspective du Nouveau Testament. Le Psaume 2 a une dimension messianique qui déborde le contexte seul de l’Ancien Testament. Il est cité pas moins de quatre fois dans le Nouveau Testament. 

Le début du Psaume est cité dans Actes 4.25-26 et appliqué à l’opposition subie par Jésus de la part des représentants des nations et des responsables religieux d’Israël. En Actes 13.33, la formule du verset 7 « C'est toi qui es mon fils. Aujourd'hui, je t'ai fait naître. » est appliquée au jour de la résurrection de Jésus. L’épître aux Hébreux cite deux fois ce même verset 7 pour l’appliquer à Jésus-Christ. Une première fois pour signifier sa nature divine, supérieure aux anges : « Dieu n'a jamais dit à l'un de ses anges : ‘C'est toi qui es mon Fils, aujourd'hui je t'ai fait naître.’ » (Hébreux 1.5). Une seconde fois pour signifier son office de grand-prêtre, par sa mort et sa résurrection : « Le Christ, également, ne s'est pas accordé lui-même l'honneur d'être grand-prêtre. Il l'a reçu de Dieu, qui lui a déclaré : ‘C'est toi qui es mon Fils, aujourd'hui, je t'ai fait naître.’ » (Hébreux 5.5). 

Si le Psaume 2 s’applique, dans une perspective messianique, à la personne et l’œuvre de Jésus, alors il revêt une dimension nouvelle. On peut en faire une relecture à la lumière du Nouveau Testament. Une relecture spirituelle. Jésus lui-même a dit que son Royaume n’était pas de ce monde. 

Dans la perspective du Nouveau Testament, l’aboutissement de l’agitation des peuples et de leur révolte contre Dieu, c’est la mort de Jésus. D’une certaine manière, ce ne sont pas les Romains ou les Juifs qui ont crucifié Jésus, c’est l’humanité tout entière. 

La souveraineté de Dieu, dans le Christ, s’exprime dans la trajectoire de l’incarnation. L’humiliation du Fils de Dieu jusqu’à la mort de la croix, puis sa glorification dans sa résurrection et son ascension. C’est la conclusion de l’hymne christologique de Philippiens 2 : 

Philippiens 2.9-11
9C'est pourquoi Dieu l'a élevé à la plus haute place
et lui a donné le nom supérieur à tout autre nom.
10Il a voulu qu'au nom de Jésus, tous les êtres,
dans les cieux, sur la terre et sous la terre,
se mettent à genoux,
11et que tous reconnaissent publiquement :
« Le Seigneur, c'est Jésus Christ,
pour la gloire de Dieu le Père. »

Dès lors, dans cette perspective, la relecture du Psaume 2 nous conduit à y voir une dimension avant tout spirituelle. Le peuple et le royaume du Psaume deviennent spirituels. L’agitation et les luttes sans doute aussi… c’est le combat spirituel dont parle l’apôtre Paul à plusieurs reprises. Face à ces réalités spirituelles qui peuvent nous oppresser ou nous menacer, la souveraineté de Dieu en Christ est absolue : par sa mort et sa résurrection, il est Vainqueur ! 


Le rire de Dieu

Je me permets une parenthèse avant de conclure. Je trouve qu’il y a aussi une formule étonnante du Psaume 2 qui résonne de façon particulière aujourd’hui. C’est l’évocation, au verset 4, d’un Dieu qui rit et se moque de ceux qui s’agitent sur terre… Ils croient pouvoir menacer le Seigneur… mais ils s’agitent en vain. 

Je n’ai pas pu m’empêcher de faire le lien avec la commémoration des 10 ans de l’attentat de Charlie Hebdo cette semaine. Où des caricaturistes ont été assassinés pour des dessins, parce qu’ils riaient d’une religion. Ou plutôt des excès d’une religion. 

On peut rire ou pas de ces caricatures. On peut même être parfois dérangés ou choqués. Mais on ne peut pas tuer quelqu’un pour un dessin ! En tant que témoins du Christ, porteurs d’un message que nous croyons adressé à tous, nous devons défendre la liberté d’expression. Qui implique la liberté de critiquer, de rire et de caricaturer. Relisez le discours du prophète Esaïe, au chapitre 44 de son livre, et voyez comme il se moque et ridiculise les fabricants d’idoles. On est dans le même registre ! 

Affirmer la souveraineté de Dieu, c’est aussi affirmer qu’il n’est pas atteint par les attaques et les moqueries des humains. Il s’en moque lui-même. Je ne sais plus qui a dit cette formule très juste : Dieu n’a pas besoin de défenseurs, il a besoin de témoins… 

Je referme la parenthèse et je conclus.


Conclusion

Quand on considère les agitations du monde, aujourd’hui ou hier, quelles qu’en soient la forme, elles peuvent certes nous inquiéter ou nous interroger… Mais Dieu est au-dessus de tout cela. 

Il est et demeure, en toutes circonstances, le Dieu souverain. Au début de cette année nouvelle, dans un monde où les agitations ne manquent pas, il est bon de se le rappeler, et de le proclamer par la foi. 

Comme le Psaume 2 le dit en conclusion : « Heureux tous ceux qui trouvent refuge en Lui ! »



dimanche 5 août 2018

Jonas – épisode 2

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Résumé du premier épisode : Au VIIIe siècle avant J-C, alors que la redoutable Assyrie terrifie toute la région, la parole du Seigneur est adressée à Jonas, prophète en Israël. Dieu lui donne la mission d'aller annoncer la destruction de la ville à Ninive, la capitale assyrienne. Mais Jonas, prophète rebelle, refuse d'obéir à Dieu et prend un bateau pour Tarsis, aux antipodes de Ninive. Mais on n'échappe pas si facilement au Dieu souverain qui déclenche une tempête terrible, forçant Jonas à raconter son histoire aux marins. Le prophète propose alors qu'on le jette à la mer pour calmer la tempête... Et ça fonctionne ! C'est donc dans cette position très inconfortable, pour ne pas dire désespérée, que nous allons retrouver Jonas pour le deuxième épisode.

Lecture : Jonas 2

1 Le SEIGNEUR envoie un grand poisson pour avaler Jonas. Jonas reste dans le ventre du poisson trois jours et trois nuits. 2 Dans le ventre du poisson, il prie le SEIGNEUR son Dieu. 3 Il dit :

« Je suis très malheureux.
Alors je crie vers toi, SEIGNEUR, et tu me réponds.
De la profondeur de la mort, j'appelle au secours et tu entends ma voix.
4 Tu m'as jeté dans un trou profond au cœur de la mer, et l'eau m'entoure.
Toutes tes vagues et toute ton eau tombent sur moi.
5 Et moi, je dis :
“Tu m'as chassé loin de tes yeux.
Pourtant, je veux revoir ton temple saint.”
6 L'eau m'arrive jusqu'au cou.
La mer m'entoure.
Des herbes s'enroulent autour de ma tête.
7 Je suis descendu jusqu'au pied des montagnes.
Je suis dans le monde des morts,
et les portes sont fermées à clé derrière moi, pour toujours.
Mais toi, SEIGNEUR mon Dieu, tu me fais remonter vivant de ce trou.
8SEIGNEUR mon Dieu, je vais bientôt mourir.
Alors je me souviens de toi, SEIGNEUR, et ma prière monte près de toi dans ton temple saint.
9  Ceux qui adorent les faux dieux n'ont aucune chance d'être sauvés.
10 Mais moi, je chanterai ta louange, je t'offrirai des sacrifices.
Je tiendrai les promesses que je t'ai faites.
Oui, c'est toi qui sauves, SEIGNEUR ! »

11 Alors le SEIGNEUR donne cet ordre au poisson : « Rejette Jonas sur la terre ! » Et aussitôt le poisson obéit.


La partie narrative de cet épisode est très courte. Elle se limite à deux versets au début et un verset à la fin du chapitre : Dieu fait intervenir un gros poisson qui avale Jonas et le recrache trois jours plus tard sur la terre ferme. C'est tout. Le plus gros du chapitre est constitué d'une longue prière de Jonas, composée essentiellement de citations de Psaumes, un vrai cantique des profondeurs. Non seulement parce qu'il est prononcé dans le ventre du poisson mais aussi parce qu'il reflète les profondeurs de l'âme du prophète dans cette expérience.


L'intervention de Dieu

Arrêtons-nous d'abord sur l'intervention de Dieu. Indirecte mais efficace. Dieu n'agit pas directement, par exemple en transportant Jonas hors de la mer, mais il fait appel à un poisson.

Dieu continue d'apparaître comme le maître de la Création. Il déchaîne la mer et la calme quand il veut. Il donne des ordres aux animaux et ils obéissent. Remarquez que dans la création, les éléments naturels et les animaux obéissent à Dieu. Il n'y a guère que l'homme pour lui désobéir et lui donner du fil à retordre ! Mais le Seigneur l'a voulu ainsi. Il a créé les humains libres et responsables, non comme des bêtes à qui il donne des ordres mais comme des partenaires d'alliance, des êtres responsables...

Tout cela n'empêche pas le Seigneur de poursuivre son projet et son projet passe, en l'occurrence, par Jonas ! Mais pourquoi a-t-il choisi de le sauver avec un poisson ? Savez-vous comment l'on écrivait le nom de la ville de Ninive dans l'Antiquité ? On utilisait un idéogramme qui représentait un poisson à l'intérieur d'un vase ! Coïncidence ? Je ne crois pas...

En faisant avaler Jonas par un poisson, présent dans l'idéogramme de Ninive, le Seigneur ramène encore le prophète à sa mission première : aller jusqu'à la capitale assyrienne. C'est comme s'il lui disait : « Non seulement je te délivre de la tempête, mais en plus je te rappelle ta mission : je t'envoie dans la gueule du poisson, à Ninive ! »

Au cas où Jonas en douterait encore, il n'échappera pas à Dieu et à la mission qu'il veut lui confier. Lorsque nous faisons la sourde oreille à son appel, le Seigneur sait utiliser tous les moyens pour nous le faire comprendre.


Les rôles du poisson

Arrêtons-nous maintenant sur le nouveau personnage de cet épisode : le poisson. Il joue un rôle clé dans l'histoire de Jonas. Il est bien-sûr l'instrument par lequel Dieu accomplit son dessein à l'égard du prophète. Mais il joue également un rôle symbolique, au moins à deux niveaux.

Le poisson – abîme

L'histoire nous dit que Jonas passe 3 Jours et 3 nuits dans le ventre du poisson. Il semble que dans l'Antiquité, c'est le temps qu'il fallait pour atteindre le séjour des morts. En tout cas, après 3 jours dans le ventre d'un poisson, normalement Jonas devrait être mort ! Et c'est bien ce qu'il exprime dans son cantique des profondeurs (v.7) :

Je suis descendu jusqu'au pied des montagnes.
Je suis dans le monde des morts,
et les portes sont fermées à clé derrière moi, pour toujours.

Du coup, si le fait d'être dans le ventre du poisson est assimilé à une mort pour Jonas, le fait d'être recraché par le poisson apparaît comme un retour à la vie, une résurrection (v.7) :

Mais toi, SEIGNEUR mon Dieu,
tu me fais remonter vivant de ce trou.

Le moment où Jonas est recraché sur la terre ferme est une nouvelle naissance : Dieu offre une nouvelle chance à Jonas, un nouveau commencement possible.

C'est bien-sûr dans cet épisode qu'il faut voir prioritairement le « signe de Jonas » dont parle Jésus à son propre sujet : « Oui, Jonas a passé trois jours et trois nuits dans le ventre du grand poisson. De la même façon, le Fils de l'homme passera trois jours et trois nuits dans la terre. » (Matthieu 12.40)

Mais c'est aussi une merveilleuse illustration de la grâce de Dieu, toujours prête à nous donner une nouvelle chance, à nous permettre un nouveau départ. Quel que soit l'abîme dans lequel nous avons pu sombrer, Dieu veut nous en faire sortir et nous faire renaître à une vie nouvelle.

Le poisson – temple

Si le poisson de Jonas est un abîme, plus surprenant, il joue aussi le rôle d'un temple. Il devient un lieu de prière où Jonas s'adresse à Dieu, comme dans le temple. D'ailleurs sa prière contient des références explicites au sanctuaire.

Au moment de prier, c'est comme si le prophète n'était plus dans le ventre d'un poisson. D'ailleurs, il parle de son expérience au passé : « je suis descendu... tu m'as fait remonter... ». Il s'engage aussi à offrir des sacrifices et s'acquitter de ses voeux, actes cultuels liés au temple.

La grande leçon de cet épisode, dans la prière de Jonas, c'est qu'il n'y a pas de lieu où Dieu soit absent... Tout est temple du Seigneur. Ou tout peut le devenir par la foi. Même le ventre d'un poisson. Où que nous nous trouvions, quelle que soit la vie que nous menons, si nous prions, le lieu où nous nous trouvons devient un temple, le lieu de la présence de Dieu !

Et Dieu entend notre prière. Il a entendu celle de Jonas. Prière de repentance, appel au secours, la prière du prophète est surtout un psaume de reconnaissance. Les supplications sont contrebalancées par les réponses de Dieu déjà reçues et la reconnaissance. L’évocation du péril qu'il subit se termine toujours dans l’assurance de revoir le temple. Les verbes sont au passé (ça ne ressort pas clairement dans la version « Parole de Vie »), comme si la prière était prononcée après la délivrance.

Le but de cette prière (comme de toute prière d'ailleurs) n’est pas de faire infléchir la volonté de Dieu : en envoyant le poisson, Dieu avait déjà décidé de sauver Jonas de la mort. La prière, pour Jonas comme pour nous, est l’occasion d’un retour à Dieu (une repentance…), ou d’exprimer notre reconnaissance et notre dépendance du Seigneur.


Conclusion

Finalement, que retenir de ce deuxième épisode ?

D'abord une nouvelle leçon sur la souveraineté de Dieu. Si Jonas pouvait jusqu'alors se sentir traqué par la souveraineté de Dieu, incapable de fuir loin du Seigneur, il peut maintenant voir cette même souveraineté sous un autre regard. N'est-ce pas aussi le Dieu souverain qui l'a délivré de la tempête par le gros poisson ? Tout est une question de perspective, et dépend de notre vision et de notre relation à Dieu.

Ensuite une leçon importante pour nous tous, pour notre prière, particulièrement si nous passons par des temps d'obscurité et d'épreuve : il n'y a pas de lieu, aussi obscure soit-il, qui ne puisse devenir le temple de Dieu, le lieu de sa présence. Ne l'oublions jamais !

dimanche 29 juillet 2018

Jonas - épisode 1

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Pour ce dimanche et les trois à venir, je vous propose un petit feuilleton de l'été. Avec une histoire pleine de rebondissements, un héros surprenant, de l'action, de l'humour et si c'était un film, des effets spéciaux spectaculaires ! C'est l'histoire d'un prophète anti-héros du nom de Jonas.

L'histoire se déroule au VIIIe siècle avant J-C, dans le Royaume d'Israël, le Royaume du nord, sous le règne de Jéroboam II, un roi qui déplaisait aux yeux du Seigneur mais qui avait pourtant plusieurs victoires militaires à son actif, grâce notamment aux conseils d'un prophète patriote, Jonas, fils d'Amittaï, de Gath-Hépher.

Mais en ce temps-là une super puissance terrorise toute la région : l'Assyrie, dont la capitale est Ninive. Sa volonté d'expansion ne semble avoir aucune limite et sa puissance militaire aucune rivale...

Lecture biblique : Jonas 1

1Un jour, le SEIGNEUR adresse cet ordre à Jonas, le fils d'Amittaï : 2« Debout, va à Ninive, la grande ville. Tu menaceras ses habitants en disant : “Le SEIGNEUR en a assez de voir vos actions mauvaises.” »

3Jonas se met en route, mais pour fuir à Tarsis, loin du SEIGNEUR. Il arrive à Jaffa. Là, il trouve un bateau qui part pour Tarsis. Il paie son voyage. Puis il monte dans le bateau, pour aller avec les marins à Tarsis, loin du SEIGNEUR.

4Mais le SEIGNEUR lance sur la mer un vent violent, et la tempête est si forte que le bateau risque de se casser. 5Les marins ont peur, chacun crie vers son dieu. Ils jettent à la mer tous les objets qui sont dans le bateau pour le rendre plus léger. Pendant ce temps, Jonas est descendu au fond du bateau, il s'est couché et dort profondément. 6Le capitaine du bateau s'approche de lui et lui dit : « Quoi ? Tu dors ! Lève-toi, crie vers ton dieu ! Il pensera peut-être à nous, et nous ne mourrons pas. » 7Puis, les marins se disent entre eux : « Pour connaître le responsable du malheur qui nous arrive, tirons au sort. » Ils tirent au sort, et le sort tombe sur Jonas. 8Alors les marins lui disent : « Notre malheur vient de toi. Dis-nous : qu'est-ce que tu fais ici ? D'où viens-tu ? De quel pays et de quel peuple es-tu ? » 9Jonas répond : « Je suis hébreu, et c'est le SEIGNEUR que j'adore, le Dieu qui est au ciel, celui qui a fait la mer et la terre. » 10Puis il leur raconte son histoire. Les marins ont très peur. Ils disent à Jonas : « Qu'est-ce que tu as fait là ! » En effet, maintenant, ils savent que Jonas fuit loin du SEIGNEUR. Ils lui demandent : 11« Qu'est-ce que nous allons faire de toi pour que la mer se calme autour de nous ? » En effet, les vagues montent de plus en plus. 12Jonas répond aux marins : « Prenez-moi et jetez-moi à la mer. Ainsi la mer deviendra calme autour de vous. Oui, je le sais, cette violente tempête vous attaque à cause de moi. » 13Les marins rament pour rejoindre la côte, mais ils n'y arrivent pas. Les vagues montent de plus en plus contre eux. 14Ils prient le SEIGNEUR et disent : « Ah ! SEIGNEUR, ne nous fais pas mourir à cause de cet homme ! Ne nous rends pas non plus responsables de la mort d'un innocent. En effet, c'est toi, SEIGNEUR, qui as fait ce que tu as voulu. »

15Puis, ils prennent Jonas et ils le jettent à la mer. Alors la colère de la mer se calme. 16Ensuite, les hommes sont remplis d'un grand respect envers le SEIGNEUR. Ils lui offrent un sacrifice et ils lui font des promesses avec serment.


Prophète rebelle

Notre histoire commence comme n'importe quelle histoire de prophète dans la Bible : Dieu adresse sa parole à son prophète et lui donne un ordre de mission. Mais bien vite, tout bascule. Normalement le prophète se lève, obéissant, même s'il parlemente un peu parfois, et il accomplit la mission que lui confie le Seigneur. Jonas, lui, se lève, certes... mais pour s'enfuir ! Le Seigneur lui demande d'aller à l'est, Jonas cherche un bateau pour aller à l'ouest, le plus loin possible...

On ne donne aucune explication à la fuite de Jonas. Lui-même ne dit rien du tout, il n'essaye même pas de négocier avec le Seigneur, comme d'autres l'ont fait parfois. On en saura plus dans la suite du récit... mais il est déjà clair que Jonas ne veut pas aller à Ninive, capitale de l'Assyrie, cet empire païen dominant et redoutable.

Jonas connaît le Seigneur, c'est quand même bien un prophète. Il ne s'imagine pas une seconde pouvoir échapper à Dieu ! Il sait parfaitement que ce n'est pas en fuyant de l'autre côté de la grande Mer qu'il échappera au Dieu Créateur du ciel et de la terre !

Sa fuite est donc un acte de rébellion ouverte. Une façon de montrer au Seigneur qu'il ne veut pas lui obéir. C'est comme s'il lui disait : « allez, trouve quelqu'un d'autre ! Il y a bien d'autres prophètes... »

Sans aller jusqu'à la rébellion, n'avons-nous jamais dit au Seigneur : « trouve quelqu'un d'autre ! » ? Parce qu'on se sent incapable, parce qu'on n'en a pas envie, parce qu'on pense que d'autres le feront bien mieux que nous, parce qu'on a d'autres projets... « Trouve quelqu'un d'autre ! »

Mais si le Seigneur nous demande quelque chose, ce n'est pas parce qu'on est meilleur que les autres ou parfaitement équipé pour le faire. C'est parce qu'Il veut le faire en nous et par nous. C'est sa grâce qui appelle...


Prophète traqué

Mais le Seigneur ne lâche pas Jonas. On ne se rebelle pas contre le Dieu souverain si facilement que cela... Et le Seigneur sort l'artillerie lourde : il déclenche une terrible tempête. Les marins eux-mêmes paniquent et n'ont d'autre issue que d'invoquer leurs dieux pour qu'ils soient délivrés.

La rébellion de Jonas ne le met pas seulement en danger, lui, mais aussi ceux qu'il accompagne. Nos choix de vie, nos décisions ont souvent des répercussions sur ceux qui nous entourent... Mais Jonas, lui, dort. Il fuit jusque dans le sommeil... ce qui suscite la colère des marins ! « Toi aussi invoque ton dieu ! »


Cette tempête n'est pas normale, les marins le sentent. Elle a une cause surnaturelle. Quelqu'un attire le malheur sur le bateau. Alors ils tirent au sort... et le sort tombe sur Jonas ! Comme par hasard...

Traqué jusqu'au bout, Jonas n'échappera pas à la souveraineté de Dieu !

N'y a-t-il pas là encore une leçon ? Pour celui qui ne veut pas obéir au Seigneur, sa souveraineté est pesante, envahissante et ressemble à de l'acharnement. Mais pour celui qui veut obéir au Seigneur, sa souveraineté est bienfaisante et apaisante. Elle est l'assurance que c'est lui qui tient les rennes !


Prophète malgré lui

Mais revenons à notre tempête... Le sort est tombé sur Jonas et c'est le tournant de l'histoire. Le prophète ne peut plus fuir, il ne peut plus nier l'évidence. Et il propose une  solution : puisque tout est de sa faute, qu'il soit jeté à la mer, en pleine tempête !

S'agit-il d'un élan suicidaire de Jonas, la mort étant la seule issue pour échapper à l'appel du Seigneur ? Ou est-ce là un vrai sursaut de conscience du prophète : il faut qu'il se sacrifie pour sauver l'équipage... et si le Seigneur veut vraiment l'envoyer à Ninive, il le délivrera !

Toujours est-il que cela fonctionne. Aussitôt jeté à la mer, la mer se calme. Et ici s'arrête la fuite de Jonas.

Et quand on y regarde de plus près, on peut percevoir toute l'ironie de l'histoire : c'est malgré lui que Jonas va être prophète.

A son insu, Jonas est l’instrument d’une « conversion » des marins païens. Regardez le changement chez eux : avant que Jonas révèle son identité, les marins implorent Jonas de prier son dieu, après ils implorent eux-mêmes le Seigneur ; avant, au coeur de la tempête, ils implorent leurs dieux, après, lorsque la tempête est apaisée, ils offrent des sacrifices au Seigneur...

Voilà une véritable « conversion » dont le prophète Jonas a été l'instrument... mais à son insu. Et sans trop vous spoiler la suite de l'histoire, ce n'est pas la dernière fois que cela arrivera pour Jonas...

Plus fort encore, l'expérience de Jonas a peut-être elle-même une portée prophétique plus grande. N'est-ce pas ici, dans la tempête, que commence le « signe de Jonas » dont parlera Jésus à propos de lui-même ? D'une certaine manière, Jonas « donnant sa vie » pour sauver tout l’équipage peut évoquer le sacrifice de Jésus, donnant sa vie pour sauver l'humanité.



Conclusion

La leçon de ce premier chapitre de l'histoire de Jonas est claire : Dieu est souverain et nul ne peut s'opposer à sa volonté. Pas même un prophète !

La question n'est donc pas de savoir si on peut ou non échapper à Dieu et sa volonté souveraine, mais comment sa volonté souveraine s'accomplira dans notre vie.
Est-ce que ce sera contre notre gré, à notre corps défendant ? Dans ce cas nous allons au devant de dangereuses tempêtes et nous nous compliquerons la vie...
Ou alors est-ce que ce sera dans l'obéissance et la confiance en Dieu ? Et là nous trouverons la paix.

Nous ne sommes pas tous des Jonas, appelés à nous lever pour proclamer le message de Dieu. Mais nous sommes tous les destinataires de l'appel de Dieu, sous différentes formes, pour différentes missions. Nous recevons tous son appel à le suivre, à le servir.

Quelle est donc notre réponse, aujourd'hui, à l'appel de Dieu ?