dimanche 15 février 2026

Choisir, aimer, cheminer

 A la veille d’entrer dans le pays que Dieu leur a promis, les Israélites sont rassemblées pour entendre un dernier discours de Moïse, au nom du Seigneur. C’est un moment solennel, où chaque parole a son importance. C’est une partie de ce discours que nous allons lire ce matin pour la prédication. 

Deutéronome 30.15-20
15Regarde : aujourd'hui je place devant toi la vie et le bonheur d'une part, la mort et le malheur d'autre part. 16Mets en pratique ce que je t'ordonne aujourd'hui. Aime le Seigneur ton Dieu. Suis le chemin qu'il te trace. Obéis à ses commandements, à ses lois et à ses règles. Ainsi tu vivras, tu te multiplieras. Le Seigneur ton Dieu te bénira dans le pays dont tu vas prendre possession. 17Mais si tu te détournes de lui, si tu lui désobéis, si tu adores d'autres dieux, 18alors tu disparaîtras complètement. Je vous préviens dès aujourd'hui ; vous ne resterez pas longtemps dans le pays dont tu vas prendre possession au-delà du Jourdain.
19Oui, je vous avertis solennellement aujourd'hui, les cieux et la terre m'en sont témoins : je place devant toi la vie et la bénédiction d'une part, la mort et la malédiction d'autre part. Choisis donc la vie et tu vivras, toi et ta descendance. 20Aime le Seigneur ton Dieu ! Écoute sa voix ! Reste-lui fidèlement attaché. Alors tu vivras et passeras de longues années dans le pays que le Seigneur a promis de donner à tes ancêtres Abraham, Isaac et Jacob.


Je vous propose de retenir trois verbes de ce discours, trois verbes qui nous rejoignent aussi aujourd’hui, dans notre cheminement personnel. Trois verbes appelés à orienter notre vie, y compris dans sa dimension spirituelle. 


Choisir

Le premier verbe, c’est choisir. 

Plusieurs générations après la promesse faite à Abraham, sa descendance est bien devenue un peuple mais il n’a pas encore pris possession du pays promis par Dieu. Le moment est arrivé. Après de nombreux rebondissements, Dieu a conduit son peuple aux portes du pays. Tout est désormais prêt pour l’accomplissement de la promesse, le Seigneur y a veillé. 

 « Aujourd'hui je place devant toi la vie et le bonheur d'une part, la mort et le malheur d'autre part… » Cette alternative place le peuple d’Israël devant un choix, que Moïse explicite au verset 19 : « Choisis donc la vie et tu vivras, toi et ta descendance. »

Et s’adressant au peuple comme à une seule personne, et en y associant les générations futures, il invite non pas seulement à un unique choix, à l’instant t de l’entrée dans le pays promis, mais un choix à sans cesse renouveler, de génération en génération. « Choisis la vie » est un appel qui résonne jusqu’à nous ! 

Ce n’est pas un appel unique auquel répondre une fois pour toutes. C’est un appel constant, un choix à renouveler sans cesse, une confiance à entretenir, à nourrir dans la relation à Dieu. 

Choisis la vie… et choisis-la tous les jours de ta vie !

Par son appel, Dieu nous invite à la foi, et par elle il nous associe à ses projets. C’est ce choix renouvelé de la foi qui nous fait pleinement acteur de l’œuvre de Dieu dans notre vie. Et c’est une grâce, un cadeau qu’il nous fait. C’est parce que Dieu nous tient pour responsable qu’il nous invite à choisir. C’est parce qu’il nous veut libre qu’il nous y invite.

C’est un choix qui s’inscrit dans notre vie, qui se répète tout au long de notre vie. 


Aimer

Le deuxième verbe que j’aimerais retenir vient des impératifs que contient le discours de Moïse, en particulier le seul impératif qui apparaît deux fois : « Aime le Seigneur ton Dieu. » (v.16, 20)

C’est bien là l’essentiel. Tout est d’abord une question d’amour… Cela me semble très important de considérer notre relation à Dieu sous cet angle. Jésus ne dira finalement pas autre chose : le premier commandement, c’est celui de l’amour !

Or aimer rime avec liberté. On n’aime pas sous la contrainte... L’amour de Dieu appelle notre amour… mais il ne le contraint pas ! Choisir la vie, c’est choisir d’aimer, en toute liberté. 

« Aime le Seigneur ton Dieu. » Choisis de répondre à son amour pour toi par ton amour pour lui. L’amour de Dieu pour son peuple, c’est de les avoir délivrés de l’esclavage en Egypte et de les faire entrer dans le pays promis. L’amour de Dieu pour nous, c’est avant tout d’avoir envoyé son Fils, qui nous a aimé jusqu’au bout, jusqu’à la mort sur la croix, avant sa résurrection. 

Aimer, ça se décide, ça se construit, ça s’entretient, ça s’affermit, ça s’approfondit. Un couple qui s’engage par le mariage choisit de s’aimer, et il s’engage à travailler à cet amour, à l’affermir et le développer. Dans les bons comme dans les mauvais jours… 

Choisir d’aimer Dieu, en retour de son amour, c’est s’engager dans une telle dynamique. D’ailleurs la métaphore du mariage est utilisée dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament, pour parler de l’alliance, du lien de Dieu avec son peuple, du Christ avec son Eglise. 

Comment est-ce que je nourris mon amour pour Dieu, comment est-ce que je l’affermis dans ma relation de foi avec lui, pour qu’il ne faiblisse pas dans l’épreuve et la difficulté ? 


Cheminer 

Le troisième verbe que j’aimerais retenir n’est pas directement utilisé dans le discours de Moïse mais il est bien dérivé d’une de ses idées centrales, au cœur des autres impératifs : 

  • « Suis le chemin qu'il te trace. Obéis à ses commandements, à ses lois et à ses règles. » (v.16)
  • « Écoute sa voix ! Reste-lui fidèlement attaché. » (v.20)

Ces impératifs inscrivent l’appel de Moïse dans une dynamique, celle d’une marche, d’un chemin à parcourir, à l’écoute de la voix du Seigneur. C’est pourquoi je vous propose de retenir le verbe cheminer. 

Choisir la vie, c’est choisir de cheminer avec Dieu, dès aujourd’hui. L’important c’est le chemin.

C’est une métaphore souvent utilisée dans la Bible. Ici, le chemin que le Seigneur trace est celui de ses commandements, ses lois et ses règles. Il me semble éclairant de comprendre les commandements de Dieu non comme des lois auxquelles se soumettre plus ou moins à contre-cœur, encore moins des obligations et des interdits à suivre à la lettre, mais comme des indications pour un chemin à emprunter… 

L’important, ce sont moins les commandements que le chemin. 

La promesse de la vie qu’on trouve en Jésus-Christ, ce n’est pas simplement la promesse d’une vie après la mort. C’est la promesse d’une vie avec Dieu, dans la communion avec lui. Et ça commence aujourd’hui !

On a parfois tendance à limiter notre compréhension du salut, voire de la vie chrétienne, au sort ultime qui nous est réservé. Ce qui compterait, c’est d’échapper au jugement, à la mort, à l’enfer. 

Mais dans le chemin que le Seigneur trace, ce n’est pas seulement la destination qui compte. C’est déjà le chemin lui-même. Car c’est un chemin de communion, un chemin d’amour, un chemin de vie. C’est sur ce chemin que nous entendons la voix du Seigneur et que nous vivons notre attachement à lui. 

La formule du verset 20 peut résonner aussi comme un appel à l’amour : « Écoute sa voix ! Reste-lui fidèlement attaché. » On pourrait penser à plusieurs paroles du Cantique des cantiques qui évoquent le fait d’écouter la voix du bien-aimé. Quant au verbe « attacher », c’est le même, en hébreu, qu’en Genèse 2.24 : « l'homme quittera père et mère pour s'attacher à sa femme... » ! 


Conclusion

Choisir. Aimer. Cheminer. Ces trois verbes caractérisent-ils votre vie chrétienne aujourd’hui ?

Choisir, c’est le rôle de la foi. Une foi vivante qui se renouvelle sans cesse. 

Aimer, ça ne peut qu’être au cœur de la vie de ceux qui s’attachent au Dieu qui est Amour. 

Cheminer, c’est la dynamique de l’espérance. Elle commence aujourd’hui et s’étend vers un horizon éternel. 

La foi, l’amour, l’espérance. C’est un triptyque qu’on connaît bien dans la Bible. Voilà la vie à laquelle le Seigneur nous appelle, aujourd’hui encore : 

  • Choisir la foi, toujours.
  • Aimer Celui qui est Amour.
  • Cheminer vers une espérance vivante. 

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